C'est même pas l'envie d'écrire que j'ai . C'est le besoin de vomir que je connais . De toute façon les mots, les bons je les ai jamais trouvés . La seule la vraie, qui a su prendre part de moi, c'est pas l'inspiration -mais non ... c'est l'angoisse sans nom . Cette peur de tout du rien, un jour je le sais ! c'est ensevelie que je vais me retrouver . Et ce sont mes propres tripes qui se taperont un bon trip justement !, à m'enterrer ...
J'ai bien voulu tenter de me faire croire qu'en fait c'est connu : que c'était de la toute simple timidité . Mais le corps qui se rend malade comme si c'était un instinct de survie qui se déclenchait, aux moments où ... quoi !? les rendez-vous, les rencontres et tous les autres « il y a quelqu'un d'intéressant en face de moi » , j'y crois plus vraiment, voilà .
Bien sûr qu'il est normal de se sentir excitée tout en se trouvant quelque peu stressée dans l'attente de la suite, banal de se tordre les doigts d'impatience ou de passer et repasser devant son miroir comme on se repasse la scène de ces rencontres qui paraissent importantes... Mais est-il compréhensible qu'on puisse s'en rendre malade au point de se demander si le mieux ne serait pas de renoncer, quand il devient presque évident que cette angoisse va tout faire valser ?
Est-elle tolérable, cette peur panique de ce qui est encore inconnu ? Sera-t-elle un jour contrôlable, cette appréhension hystérique de l'image que je vais donner à tous ces « imprévus » ?
Alors, mon bidon se noue, presque en feu dans tous les coins. Il implore de tous les côtés, je l'entends bien ; il m'explore à la recherche d'un n'importe quoi pour se dépêtrer de mes propres étreintes... , et puis finalement, il imploserait presque, cet estomac ratatiné qui se trouve être mien. Et tout doucement, par dépit, par devoir, il ordonne au reste de mon corps d'aller trouver ailleurs de quoi m'énergiser : qu'on aille puiser en moi les ressources stockées.
Donc, en compagnie de ma tranquillité reposée, c'est des morceaux de kilos que je vois s'envoler : voilà que mon corps fond et s'affine, à croire que je veux suivre l'exemple morphologique et superficiel des magazines ! Ma gourmandise s'en retrouve elle aussi grisée, la pauvre : elle proteste, plus vraiment rassasiée .
La foutue machine à laver est activée .
Tandis que mon ventre boude, j'ai les paupières lourdes, lourdes ... le sucre plus tout à fait correctement importé, je m'en trouve épuisée. J'en deviens vide moi : impuisable . Ereintée, je me sens faible, là ! Irritable ...
Ainsi angoissée, il est impossible de m'engraisser . De cette façon –la seule, la mienne- stressée, essayons de se forcer ...
. A . B . S . T . R . A . C . T . I . O . N .
On y sera quand même, et j'irai presque en plongeon, à leurs rencarts -ou bien carrément dans leurs bras, quand s'y prête l'occasion ; et ils ne sauront jamais, le prix que me coûte chaque instant qui précède ces parties de bon temps : ils n'entendront mot de ce qu'il se passe à l'intérieur, au sein de mon mécanisme détraqué . Ils ne connaîtront pas cette fille apeurée de tout, peut-être plus folle que tous, qui cache un besoin comme un hystérique dans l'attente d'un calmant, un peu de confiance, un peu de réconfort, ils verront jamais rien tous ces cons ...